Le coach déblogue !

Le coach dans tous ses états ...

10 septembre 2012

Ouvrir un pot de yaourt

 

yaourt

Dans les autres choses qui me sont arrivées ces derniers mois, il se passe une sorte de ralentissement généralisé qui connait maintenant une accélération (!) surprenante.

L'expérience remonte à quelques jours au moment où je m'apprête à retirer la pellicule d'aluminium qui clôt hermétiquement mon pot de yaourt. Et là, sans que j'ai décidé quoique ce soit, je deviens moi-même comme un acteur de cinéma qui se verrait agir, filmé par une caméra haute vitesse. 

Chacune des images, chacun des mes micro-mouvements me fait l'impression de la découverte d'un univers que je ne soupçonnais pas jusqu'alors. Mes tout petits gestes sont d'une incroyable précision. Tout est accompli en parfaite conscience, le hasard n'a aucune place dans cette scène. Le son de la pellicule qui se décolle, les microgoutellettes qui s'échappent du pot de yaourt, l'inclinaison de mes doigts, l'exactitude de la force que j'exerce pour éviter le glissement, les vibrations du verre, l'odeur du lait fermenté qui envahit progressivement l'espace. Les 5 sens sont tous activés simultanément : Je vois les odeurs, j'entends mes gestes, je sens mes os ...

Rien ne m'échappe ! Je vois tout, je sens tout, j'entends tout mais aussi je suis totalement à l'écoute de mon pot de yaourt par la grâce de cette infinie lenteur. 

 

lenteur

 

De nos jours, dans un monde d'accélérations (*), la lenteur est promue par certains au rang de vertu. Par exemple dans cet ouvrage :

  

Cette toute petite histoire que j'ai vécue m'a empli de bonheur. Elle m'ouvre à un possible futur sympathique. J'ai réalisé à quel point ce "rien" que représente l'ouverture d'un banal pot de yaourt pouvait m'offrir une richesse qui ferait pâlir d'envie notre exilé fiscal Bernard Arnaud et ses 43 milliards de dollars de fortune, si seulement il était à même de se laisser influencer par mon témoignage.

 

(*) http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Acceleration-9782707154828.html et aussi

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Virilio

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31 août 2012

Des jolis mots

médulaire

Dans les belles choses qui me sont arrivées depuis le 06 mars de cette année, se trouve tout un élargissement assez poétique de mon vocabulaire. 

Par exemple hématopoïèse, aplasie, aphérèse ...

Il y a aussi des mots beaucoup moins jolis. Pour l'instant, je vais les utiliser avec parcimonie et discernement.

 

 

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24 février 2011

Psychologie Positive

bonnRouge

La scène se passe dans le bus 67 ce soir. Je monte à Saint-Georges, je repère un siège libre et je remarque juste au moment où je m'assieds une sorte de bonnet rouge oublié là sur le siège par un voyageur distrait.

Le bonnet dépasse maintenant légèrement de ma cuisse droite et dans un premier temps je décide de le laisser en place. Puis immédiatement je réalise qu'au moment où je vais me lever pour descendre, certainement un crétin va m'interpeller pour que je récupère le bonnet en question. Or, ce soir, je n'ai aucune envie d'être interpellé, par nul crétin pour nul motif.

Vaguement honteux, je me soulève un peu et je pose discrètement le bonnet rouge sur le siège d'en face qui se trouve être libre lui aussi.

2 ou 3 stations plus loin, arrive une sorte de femme sans âge, qui porte sur elle comme un fardeau tous les clichés de la bourgeoisie la plus idiote. Je parle d'un carré Hermès, d'une montre Cartier, d'un sac à main Lancel et tous les quolifichets de ce genre. Je m'imagine que cette forme d'exhibition poursuit certainement l'intention de masquer l'horrible personne qu'elle est dans la vie. Son visage bouffi de suffisance et son attitude éveillent chez moi une intuition qui m'inspire d'emblée la plus profonde aversion à son égard.

La sorte de femme donc avise le siège libre, sur lequel trône le bonnet qu'elle décide de jeter par terre. Pour cela elle s'aide de son sac à main et tente maladroitement de pousser le bonnet avec le coin de son sac vers le bord du siège jusqu'à sa chute. Mais le bonnet s'accroche ! Et ce n'est qu'au bout d'une bonne dizaine de tentatives que vaincu, le bonnet choit. Et l'épouvantail assis en face de moi à présent affiche une morne fierté de ne pas avoir effleuré la moindre fibre du bonnet de ses doigts potelés. 

Quelques stations plus loin, la voyageuse suffisante quitte son siège et se fait avantageusement remplacer par une jeune fille à l'air avenant.

"Vous avez laissé tomber votre bonnet" me dit elle en tendant, avec un magnifique sourire, l'objet qu'elle vient de ramasser.

"Ah non merci, ce n'est pas mon bonnet". (Finalement je me fais quand même fait interpeller ce que je voulais éviter au départ mais assurément je ne classe pas cette jeune femme dans la catégorie des crétines.)

"Mais il est magnifique ce bonnet" continue t-elle en retournant le bonnet dans tous les sens avant de l'enfouir dans son sac. Je réalise qu'en effet qu'il est très beau, fait d'une sorte de mohair qui me semble d'une grande finesse et de la meilleure protection contre le froid en même temps. De plus, ce rouge-ci est ma couleur de prédilection. 

"C'est chouette me dit-elle, d'habitude ce sont des écharpes que je trouve"...

Voilà, que je regrette de ne pas avoir pris le bonnet moi-même. Je réalise maintenant que :

- je n'ai pas de bonnet pour me protéger du froid,

- s'il est un seul bonnet que je pourrais posséder c'est sans aucun doute celui-ci précisément,

- je suis à peine moins crétin que la bourgeoise qui a juste affiché un petit peu plus de dédain que moi pour un objet que je désire maintenant.

La moralité de cette histoire c'est que la Psychologie Positive que j'ai sérieusement raillé ces derniers jours me joue une farce qui je l'espère, me conduira à un peu d'humilité. Une certaine jeune fille avec un bonnet rouge, vient de me donner une leçon que j'inscris du coup dans le marbre de ce blog.

 

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20 décembre 2010

Le caddie ™ (Epilogue)

 poussette_4_rouesDans toute cette narration, j'aurais parlé de mon revirement pour les caddies, alors qu'en fait l'objet que j'ai acquis n'est qu'une vague production made in China :-( 

Même pas un joli Caddie™ qui lui est fabriqué en Alsace !

Du coup je vais devoir tout recommencer et m'acheter une nouvelle poussette de marché(*) fabriquée par Caddie cette fois. Je vais garder le modèle fake pour Paris et acheter l'original pour Yport...

 

(*) Curieusement, c'est cette appellation que j'ai le plus fréquemment trouvée pour désigner cet objet. Certains parlent toutefois de chariot à commission mais ce terme n'est pas très spécifique.

Du coup on comprend que dans un temps jadis les caddies avaient 4 roues et étaient poussés alors que maintenant ils sont tirés par l'humain qui passe devant eux. Bref, un joli glissement sémantique permet d'appeler "Poussette" un objet que l'on devrait appeler "Tirette" mais bon je ne vais pas faire un post sur ce sujet.

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09 décembre 2010

Le caddie ™ (suite et fin ... ou presque)

tapis_volantNous sommes dans ma superette de quartier le premier samedi de ce mois de décembre. Les préparatifs de Nöel appellent l’allongement de la liste des commissions. Packs de boissons en tous genres, accessoires de décoration, produits de beauté et produits d'entretien, et même (c'est la fête !), foie gras et autres denrées de saison, qui méritent bien un peu de considération avant le fatidique 25 décembre.

Bref, le panier moyen explore des zones rarement occupées lors du passage en caisse, 71€ tout de même. C'est idiot ! c'est juste 4€ de moins que ce qu'il faudrait pour la livraison gratuite à mon domicile de tous ces machins entassés sur le tapis roulant et, du coup, que je vais devoir emporter moi-même. Un simple quignon de pain Poilâne de plus, aurait suffit à m'économiser ce transport. L'un après l'autre, résigné, je remplis à ras bord 8 sacs diaphanes à raison de 4 dans chaque main. A ce stade, l’attrapage des deux derniers sacs  relève d'une sorte d'exploit de contorsion dont j'aurais eu peine à me croire capable si force n'avait fait loi.

Je sors de Franprix et la double-porte battante suffit à peine à mon passage. Chacun des sacs contribue à l'augmentation de mon volume, symétriquement du côté droit comme du côté gauche. Mes bras écartés à 45° du corps forment une espèce de balancier aux bout duquel s'accrochent deux poches de plastique à l'aspect de boules difformes. Je crois bien que je suis devenu aussi large que haut.

Depuis le sommet de ma tête jusqu'au sol avec cet évasement vers le bas, je ressemble désormais à un sapin. Un joli sapin trapu, qui marche sous la pluie en grognant. Ou plutôt qui s'efforce d'avancer en luttant sans parapluie contre les intempéries, contre le trottoir qui glisse, contre les poignées des sacs qui s'échappent des doigts et enfin contre les crampes provoquées par la peine de la charge. Et si jamais ne suis pas un sapin j'ai au moins tout l'air d'un clochard transportant tout son viatique.

J'ai à peine parcouru 50 mètres et je passe devant le bazar devant lequel je suis déjà passé trois mille fois en 10 ans que j'habite ce quartier. Et là, pour la première, fois je remarque une rangée de magnifiques caddies que le bazar expose fièrement contre la vitrine et que je n'avais pas daigné considérer les 2999 précédentes fois.

Même les vrais clochards ont des caddies n'est-ce pas ? C'est sans aucun doute au moment où j'ai accepté cette image de moi-même, cette image digne de figurer sur la couverture des Misérables de Victor Hugo, que le mimétisme a du finir s'accomplir. Il ne me manquait plus que les roulettes pour mon assimilation définitive au monde des sans abris. Au moins avec un caddie, je pourrais ressembler totalement aux frères et sœurs de mon genre.

La suite de l'histoire est sans surprise : je lâche les sacs à même le sol, je transvase tout le contenu dans le magnifique caddie orange qui ne s'attendait pas à cet usage instantané, je fais rouler le caddie distendu à l'intérieur du magasin et je règle 25 € au commerçant hébété qui met quelques secondes à comprendre ce que je suis vraiment venu lui acheter.

En sortant, je ne serais pas plus heureux si j'avais acheté un tapis volant. Le caddie trottine et sautille avec moi. sur le chemin de la maison. Nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre inconditionnellement.


Epilogue (à suivre)



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04 décembre 2010

Le caddie ™ (partie I sur II)

je mets le petit  ™ parce que la société Caddie SA  engage semble t-il un procès à chaque fois qu'on utilise à tort son nom commercial son nom pour se référer à une poussette de marché ou un chariot de supermarché. 

caddie

Lorsque j'étais enfant, je faisais parfois les courses avec ma môman au marché. Je me retrouvais là au milieu de toutes les ménagères, jeunes et vieilles, gaies ou austères, avenantes ou revêches, bref tout un échantillon de femmes des années 70. Là, les veuves couvertes de noir de pied en cap affrontaient dans un combat vestimentaire silencieux celles qui, nées après la guerre, s'efforçaient de faire monter toujours plus haut, tant leur mini-jupe aux couleurs vives, que leurs bottes en acrylique brillante.


Et rien d'autre ne semblait finalement tant les rapprocher, les mettre toutes dans une parfaite unisson, que ce caddie que chacune tirait, et dans lequel s'entassaient viandes, poissons, crèmerie et toutes les sortes de victuailles qu'elles destinaient à leur foyer pour une semaine. Caddie rouge, caddie bleu, caddie à fleurs, à carreaux écossais, à motifs kaleïdoscopique, caddie à 3 essieux pour monter facilement les trottoirs et même encore, le rare caddie en osier des plus anciennes d'entre elles, aujourd'hui totalement disparu.


Et moi, face au ballet de ces femmes a roulettes, je prit  la décision de ne jamais utiliser de caddie. Le caddie, cet objet féminin par excellence, dans lequel se dissoudrait toute ma fière masculinité si jamais je m'en approchais... Ainsi fut la vie sans caddie. Une vie faite de courses, de marchés, de supermarchés et d'hypermarchés avec force sacs portés à bout de bras, et quantité de doigts dans lesquels plus aucun sang ne coule, écrasés qu'ils sont par les poignées acérées. 

(a suivre)


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09 novembre 2010

Dans mes fantasmes, je voudrais pouvoir parler comme le chat de Geluck

concon

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25 octobre 2010

Une histoire de marteau

Je dédie ce post à F F-B, AB et JR.

 

paulwCelui-ci veut accrocher un tableau. Il possède un clou mais pas de marteau. Le voisin en a un, que notre homme décide d'emprunter. Mais voilà qu'un doute le saisit. Et si le voisin s'avisait de me le refuser ? Hier, c'est tout juste s'il a répondu d'un vague signe de tête lorsque je l'ai salué. Peut-être était-il pressé ? Mais peut-être a  t-il fait semblant d'être pressé parce qu'il ne m'aime pas ! Et pourquoi ne m'aimerait-il pas ? J'ai toujours été fort civil avec lui, il doit s'imaginer des choses. Si quelqu'un désirait emprunter un de mes outils à moi, je le prêterais volontiers. Pourquoi refuse t-il de me prêter son marteau hein ? Comment peut-on refuser un petit service de cette nature ? Ce sont des gens comme lui qui empoisonnent la vie de tout un chacun ! Il s'imagine sans doute que j'ai besoin de lui. Tout ça parce que Môssieur possède un marteau. Je vais lui dire ma façon de penser, moi !

Et notre homme se précipite chez le voisin, sonne à la porte et, sans laisser le temps de dire un mot au malheureux qui lui ouvre la porte, s'écrie furibond : "Et gardez-le votre marteau, espèce de malotru !"

extrait de Faites vous-même votre malheur - Paul Watzlawick

 

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23 juillet 2010

Fais ton malin avec le couvreur (un grand moment de solitude) !

Moi :"Et puis vous voyez ici dans la gouttière, les feuilles se sont accumulées et l'eau ne s'écoule plus. Peut-etre faudra t-il changer la crépinette ?"

Lui : "Pas de problème M. Coachola, nous allons nettoyer votre gouttière et remplacer votre crapaudine !".

...

Crepinette_DC_t

 

crapaudine_web

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03 juin 2010

Reboot

Je ressens... comme un million de petites bulles qui réveillent mon cerveau.

 

Où suis-je ? 

Ha ! Chez moi, à mon bureau ... 

 

Quelle heure est-il ? 

Le soir plutôt, si j'en juge la lumière à la fenêtre dehors.

 

Que se passe-t-il ?

Je ne sais pas. J'ai l'impression de venir du néant.

 

Qu'est-ce que je faisais avant ?

 ... hum : je téléphonais à Nora. Elle est peut-être encore en ligne : Allo ? Nora ? Allo ?

 

Où est mon téléphone ?

Merde mon téléphone ! Il est tombé par terre au moment où j'entrais dans le néant.

 

Combien de temps suis-je resté dans ce néant ?

Je ne sais pas. 

 

Suis-je le même qu'avant ?

Oui, je suppose. Un peu sonné et un peu tout neuf aussi.

 

Comment cela m'est-il arrivé ?

J'étais pris d'une quinte de toux et après je ne sais pas.

 

Cela pourrait-il recommencer ?

J'espère que non. Pourvu que cela ne se produise pas un jour où je serai au volant.

 

 

Putain ! c'est quoi cette merde ?

 

 

 

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