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24 février 2011

Psychologie Positive

bonnRouge

La scène se passe dans le bus 67 ce soir. Je monte à Saint-Georges, je repère un siège libre et je remarque juste au moment où je m'assieds une sorte de bonnet rouge oublié là sur le siège par un voyageur distrait.

Le bonnet dépasse maintenant légèrement de ma cuisse droite et dans un premier temps je décide de le laisser en place. Puis immédiatement je réalise qu'au moment où je vais me lever pour descendre, certainement un crétin va m'interpeller pour que je récupère le bonnet en question. Or, ce soir, je n'ai aucune envie d'être interpellé, par nul crétin pour nul motif.

Vaguement honteux, je me soulève un peu et je pose discrètement le bonnet rouge sur le siège d'en face qui se trouve être libre lui aussi.

2 ou 3 stations plus loin, arrive une sorte de femme sans âge, qui porte sur elle comme un fardeau tous les clichés de la bourgeoisie la plus idiote. Je parle d'un carré Hermès, d'une montre Cartier, d'un sac à main Lancel et tous les quolifichets de ce genre. Je m'imagine que cette forme d'exhibition poursuit certainement l'intention de masquer l'horrible personne qu'elle est dans la vie. Son visage bouffi de suffisance et son attitude éveillent chez moi une intuition qui m'inspire d'emblée la plus profonde aversion à son égard.

La sorte de femme donc avise le siège libre, sur lequel trône le bonnet qu'elle décide de jeter par terre. Pour cela elle s'aide de son sac à main et tente maladroitement de pousser le bonnet avec le coin de son sac vers le bord du siège jusqu'à sa chute. Mais le bonnet s'accroche ! Et ce n'est qu'au bout d'une bonne dizaine de tentatives que vaincu, le bonnet choit. Et l'épouvantail assis en face de moi à présent affiche une morne fierté de ne pas avoir effleuré la moindre fibre du bonnet de ses doigts potelés. 

Quelques stations plus loin, la voyageuse suffisante quitte son siège et se fait avantageusement remplacer par une jeune fille à l'air avenant.

"Vous avez laissé tomber votre bonnet" me dit elle en tendant, avec un magnifique sourire, l'objet qu'elle vient de ramasser.

"Ah non merci, ce n'est pas mon bonnet". (Finalement je me fais quand même fait interpeller ce que je voulais éviter au départ mais assurément je ne classe pas cette jeune femme dans la catégorie des crétines.)

"Mais il est magnifique ce bonnet" continue t-elle en retournant le bonnet dans tous les sens avant de l'enfouir dans son sac. Je réalise qu'en effet qu'il est très beau, fait d'une sorte de mohair qui me semble d'une grande finesse et de la meilleure protection contre le froid en même temps. De plus, ce rouge-ci est ma couleur de prédilection. 

"C'est chouette me dit-elle, d'habitude ce sont des écharpes que je trouve"...

Voilà, que je regrette de ne pas avoir pris le bonnet moi-même. Je réalise maintenant que :

- je n'ai pas de bonnet pour me protéger du froid,

- s'il est un seul bonnet que je pourrais posséder c'est sans aucun doute celui-ci précisément,

- je suis à peine moins crétin que la bourgeoise qui a juste affiché un petit peu plus de dédain que moi pour un objet que je désire maintenant.

La moralité de cette histoire c'est que la Psychologie Positive que j'ai sérieusement raillé ces derniers jours me joue une farce qui je l'espère, me conduira à un peu d'humilité. Une certaine jeune fille avec un bonnet rouge, vient de me donner une leçon que j'inscris du coup dans le marbre de ce blog.

 

Posté par coachola à 20:41 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Ahah archi bon! Une petite fable du Coach!

    Enfin quand même, on sait pas qui l'a mis sur la tête avant le bonnet quoi *smiley sorte de femme sans âge*

    Posté par Kenders, 07 mars 2011 à 14:26

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